Lettre sur « l’obligation de secret vis à vis de l’Inspection du travail »

Monsieur le Médecin Inspecteur du Travail ,

Nous sommes assez atterrés par les dérives que contient le «  guide » concernant le secret professionnel du médecin du travail que vous nous avez transmis, quant à sa partie sur l’obligation de secret vis à vis de l’Inspection du travail qui pour nous est une interprétation abusive de la notion de secret , et décalée par rapport à la gravité des constats en santé au travail.

Sortons de la confusion : nous respectons bien sûr  le secret de fabrication, et au plus au niveau qu’il puisse l’être, le secret médical.

Voilà plus de quinze ans que se construit notre métier basé sur  le témoignage , l’élaboration et la mise en lumière des liens santé-travail, construction très difficile du fait du silence qui a trop longtemps paralysé toute analyse et mise au grand jour de ces liens . A un moment où s’observent de façon sans cesse croissante des constats alertants sur la santé au travail avec, nous le répétons, mise en danger grave voire mortel de la vie des salariés que ce soit sur le plan physique ou mental, à un moment où il fallait justement des mesures urgentes en adéquation avec cette évolution dramatique, cette affaire de secret professionnel vient tenter de paralyser de nouveau les moyens du médecin du travail tout autant que le fait  la réforme, qui est en train d’organiser  une véritable  mise sous camisole des médecins.

Il est surprenant que ce « guide », après vingt ans d’émancipation de la profession  par la mise en visibilité des problèmes et ceci au service de la santé des salariés ,vienne ré-organiser l’omerta alors que la voix des médecins s’est fait de plus en plus forte et a prouvé son efficacité dans la mise en lumière des agissements dans les entreprises. Ce silence que voudrait nous imposer cette pratique du secret professionnel vis-à-vis de l’Inspection du travail vient dangereusement aggraver le déséquilibre entre ceux et celles qui sont mis à mal dans leur corps et leur psychisme , et ceux qui, générateurs des troubles, les subordonnent . Face à cela, nous serions empêchés d’exercer l’alerte ? Au nom du respect du secret professionnel , les médecins  auraient  le devoir de retourner à leur  silence ?

Quel est le nom de cette peur qui a si longtemps paralysé la profession et que l’on tente de nouveau d’infliger à des professionnels dont c’est la MISSION d’ALERTER : peur du pouvoir dominant dans les entreprises ? Peur d’un procès pour violation du secret professionnel alors qu’une vraie justice devrait plutôt être du côté  d’ une faute pour non assistance à personne en danger d’autrui  par silence sur les dangers infligés ?

Nous souhaitons relancer un débat sur ces questions. Et de là, toujours en relation avec la recherche d’ une plus grande efficacité en prévention, relancer la question de la nécessité d’une plus grande coercition vis-à-vis des employeurs .

Nous savons tous que les alertes faites par les médecins à l’intérieur des entreprises n’ont jamais impulsé de véritables améliorations à la hauteur des dangers. Nous avons tous l’exemple des RPS, dont on parle maintenant beaucoup dans les entreprises mêmes, de façon très hypocrite, alors que les salariés continuent à souffrir.

Il n’est pas inutile de rappeler que le Code pénal prescrit à chacun d’user de toutes ses prérogatives pour être efficace, et punit les conduites de non assistance à personnes en danger ; le Code de Déontologie impose à chaque médecin une obligation de moyens.

Nous ré-affirmons que nous poursuivrons nos alertes auprès de l’Inspection du travail, parce que ces alertes sont  un des moyens les plus pertinents pour œuvrer le plus efficacement possible à notre mission de protéger la santé des personnes dans les entreprises.

Que serait un devoir de silence si celui-ci cautionne la maltraitance ?

Nous vous transmettons cher Confrère, l’expression de nos  respectueuses salutations.

Le collectif des médecins du travail de Bourg en Bresse : docteurs Cellier, Chapuis, Chauvin, Delpuech, Devantay, Ghanty et Lafarge.

Manifeste : la santé au travail, les pouvoirs publics face à leur responsabilité !

Conclusion commune du collectif des médecins du travail de Bourg-en-Bresse

17e rapport annuel commun d’un groupe de pairs

Docteurs CELLIER, CHAPUIS, CHAUVIN, DELPUECH, DEVANTAY, GHANTY, LAFARGE,
41 Boulevard Voltaire – 01000 BOURG EN BRESSE
Tel 04 74 21 88 24

La France est lanterne rouge en Europe dans la plupart des indices de santé au travail et les besoins sont immenses. Il n’est plus besoin de démontrer qu’une réforme s’attaquant aux vrais empêchements à la prévention ferait faire un bond en avant à la fois à la santé publique et à la cohésion sociale.

La réforme actuelle ne touche à aucun des déterminants de progrès bien identifiés par les professionnels de terrain impliqués. Bien au contraire elle démasque l’incroyable parti pris des décideurs. Alors qu’il était urgent de libérer les acteurs de santé pour qu’ils œuvrent en toute indépendance, la mission de santé au travail est confiée aux gestionnaires employeurs en leur donnant, ce qui est incroyable, le pouvoir de décision des orientations de prévention alors qu’ils sont porteurs d’un grave conflit d’intérêt qui a été à l’œuvre déjà dans les dysfonctionnements des services de santé au travail et dans des instances comme le comité permanent amiante, aboutissant aux drames que l’on connait. Ceci nous amène à une configuration scandaleuse où ceux qui créent les risques sont juges et parties. Dans un contexte où les scandales liés aux conflits d’intérêt se multiplient avec, à chaque fois des morts à la clef, il est hallucinant que les décideurs publics persistent et signent dans leur aveuglement idéologique. Comment peuvent-ils croire qu’ils vont continuer à échapper à leur responsabilité ?

La confusion organisée dans ces jeux d’intérêt doit être cassée : que la question de la gestion des risques qui doit être assurée par les employeurs ne soit pas amalgamée avec l’exercice de la santé au travail comme le prévoit le projet actuel ; que, au contraire, les professionnels de santé au travail soient clairement séparés, dans leur mission et dans leur activité, de ceux qui génèrent les risques, avec de véritables garanties d’indépendance…

Pour lire le rapport complet :

MANIFESTE : LA SANTE AU TRAVAIL, LES DECIDEURS PUBLICS FACE A LEUR RESPONSABILITE !

La médecine du travail a besoin qu’on la sorte de l’ambiguïté

par   Sylvie Touzet   et   Catherine Collombet

Chacun sait que la confiance est essentielle dans la relation entre un médecin et son patient.
Elle l’est plus encore entre le salarié et le médecin du travail.  Le salarié est amené à lui confier des informations sur son état de santé ou les difficultés qu’il rencontre dans son travail, dont il peut légitimement souhaiter qu’elles ne soient pas divulguées à son employeur. Cliquez pour lire la suite »

Meeting unitaire pour sauver la médecine du travail forte et indépendant dont ont besoin des millions de salariés

Le jeudi 10 février

A partir de 19 h, salle Hénaff, Bourse du travail de Paris, prés République, coin rue Charlot, à l’appel de :
PS, PCF, VERTS, PG, NPA, LO, FASE, GU, CGT IEG, Solidaires, FSU, UFAL, SNPTS, SSMT, Attac, Copernic…

Une proposition de loi la majorité UMP vient le 27 janvier au Sénat.

Sans concertation.

Contre l’avis de tous les syndicats unanimes.

C’est sans précédent : ils veulent liquider la médecine de travail de ce pays Ils veulent remplacer les médecins du travail par des « intervenants en santé » qui ne seront ni formés, ni spécialisés no protégés et qui dans les « services de santé au travail » seront inféodés à la voix prépondérante du patronat. Les apparences d’indépendance de la médecine du travail seront mis à bas. Espacer les visites, diminuer les coûts et moyens, transformer les intervenants en santé en sélectionneurs, en contrôleurs, en sanctionneurs des salariés, le projet est celui du Medef refusé par tous les syndicats.

Une belle Conférence de presse unitaire s’est tenue ce matin à Paris, au cinéma La Clef, à 11 h : elle a réuni un arc de force unitaire exceptionnel :

En défense de la médecine du travail, 16 intervenants étaient présents au nom de PS, VERTS, PG, NPA, LO, FASE, CGT IEG, Solidaires, FSU, SNPTS, SSMT, Attac, Copernic…

Avec :
- Copernic : Willy Pelletier,
- Gérard Filoche inspecteur du travail,
- Eric Beynel Solidaires,
- Parti de Gauche : Martine Billard, députée,
- EELVerts : Jean Dessessart, sénateur,
- NPA : Sandra Demarcq,
- Lutte Ouvrière : Jean-Louis Gaillard,
- Parti socialiste : Delphine Meyrargue secrétaire nationale,
- FSU/SNU de l’inspection du travail,
- Mireille Chevallier SNPTS,
- Dominique Huez, syndicat services médecine du travail,
- Alain Carré, médecin du travail industries électriques et gazières,
- Appel des 20 000, dont 1100 inspecteurs et médecins du travail www.non-mort-medecine-travail.net, Docteur Mireille Cellier et Docteur Karyne Devantay,
- CGT FSU : soutien mais excusée ce jour,
- PCF : idem,
- FASE : Alain Lacombe,
- Attac : Jean-Michel Dupont…

Il a été appelé à un

Meeting unitaire

pour sauver la médecine du travail forte et indépendant dont ont besoin des millions de salariés

Jeudi 10 février

A partir de 19 h Salle Hénaff Bourse du travail de Paris, prés République, coin rue Charlot.

PS, PCF, VERTS, PG, NPA, LO, FASE, GU, CGT IEG, Solidaires, FSU, UFAL, SNPTS, SSMT, Attac, Copernic…

Conférence de presse unitaire en défense de la médecine du travail

En défense de la médecine du travail menacée d’être liquidée dans son existence par le projet de loi qui arrive au Sénat le 27 janvier

16 intervenants seront présents au nom de

PS, PCF, VERTS, PG, NPA, LO, FASE, GU, CGT IEG, Solidaires, FSU, UFAL, SNPTS, SSMT, Attac Copernic,

Mercredi 26 janvier à 11 h

Cinéma La Clef 21 rue de la Clef   M° Censier
Avec

  • Solidaires : Eric Beynel
  • SNPTS :  Mireille Chevallier
  • SSMT :  Dominique Huez
  • Industries électriques et gazières IEG CGT : Alain Carré
  • FSU : en soutien mais excusée ce jour
  • UFAL :  Christian Berthier
  • PCF :
  • Parti socialiste : Delphine Meyrargue secrétaire nationale
  • Parti de Gauche : Martine Billard
  • EELVerts : Jean Dessessart
  • NPA :   Sandra Demarcq
  • Lutte Ouvrière :  Jean-Louis Gaillard
  • FASE : Alain Lacombe
  • Copernic :   Willy Pelletier
  • Attac :   Jean-Michel Dupont
  • Appel des 20 000,  dont 1100 inspecteurs et médecins du travail   http://www.non-mort-medecine-travail.net Docteur Mireille Cellier et Docteur Karyne Devantay
  • Gérard Filoche

Une rotule cassée au lieu de deux

« Au boulot », chronique hebdomadaire de Gérard Filoche pour l’Humanité Dimanche humanite.fr

Le 20 juin, Nicolas Sarkozy estimait en présentant son projet de loi contre les retraites qu’un salarié devait avoir un taux d’incapacité supérieur ou égal à 20 % pour conserver la retraite à 60 ans. Il estimait que cela concernerait 10 000 personnes sur 24 millions de salariés. En gros, il fallait les deux poumons remplis de poussière, la colonne vertébrale immobilisée, deux rotules cassées, ou deux coudes et poignets paralysées par des TMS (troubles musculo-squelettiques). Un « collège d’experts » tripartite, médecins du travail, syndicats sous direction patronale devait évaluer sérieusement le degré d’usure des corps des humains au travail et sélectionner ceux qui « bénéficieraient » de ce privilège. Cliquez pour lire la suite »

Le coup de force contre la médecine du travail a échoué, mais ils menacent de le recommencer

« Au boulot », chronique hebdomadaire de Gérard Filoche pour l’Humanité Dimanche humanite.fr

97 % de nos frais de santé sont d’ordre curatif, 3 % de l’ordre de la prévention. Nous avions, dans la foulée du programme du Conseil national de la Résistance, après 1945, conçu deux magnifiques médecines de prévention, l’une scolaire, l’autre au travail. La médecine scolaire a été tuée. La médecine du travail a été laissée progressivement à l’abandon, le patronat n’en ayant jamais voulu. Cliquez pour lire la suite »

Arros et les 10 000

« Au boulot », chronique hebdomadaire de Gérard Filoche pour l’Humanité Dimanche humanite.fr

Un grand magazine publie un  reportage sur l’île d’Arros possédée dans les Seychelles par Mme Bettencourt et raconte qu’au cours de ses quatre séjours annuels, en plus de ses proches, de sa coiffeuse et de ses 17 domestiques locaux, elle emmenait son médecin urgentiste personnel, et qu’elle avait fait aménager la piste d’atterrissage de nuit en cas de souci de santé. Ca, c’est de la prévention ! Cliquez pour lire la suite »

« Je panse donc… je ne suivrai pas ! »

Pascal Dazin
Médecin du travail
22940 PLAINTEL
27/09/2010

Monsieur Gérard LARCHER

Président du Sénat français

Monsieur le Président,

J’attire votre attention sur le caractère manifestement bâclé mais surtout socialement dangereux du projet de loi portant réforme des retraites (petite loi, texte 527) qui va vous être soumis, relatif au bouleversement de l’esprit des lois sociales adoptées à la Libération. Qu’il est loin, l’esprit des lois d’après 1946 et le CNR! Cliquez pour lire la suite »

Pénibilité au travail : le point sur le nouveau dispositif de prévention introduit par la réforme des retraites

Des mesures concernant la pénibilité du parcours professionnel sont notamment introduites dans le code du travail et viennent modifier et compléter les mesures en santé et sécurité au travail.

Après l’échec des négociations des partenaires sociaux sur la « modernisation de la médecine du travail » dû notamment à la volonté patronale de diminuer à nouveau la fréquence des visites médicales et de réformer la procédure d’inaptitude au travail, le gouvernement a repris le sujet en introduisant, dans la réforme des retraites, un dispositif nouveau concernant la pénibilité du parcours professionnel. Cliquez pour lire la suite »